The Phan Thanh Gian - Doan Thi Diem Alumni Group, Teachers and Friends
Brick Number: 
1303-1312

In memory of Dr. Luong Khe PHAN, THANH GIAN

Commemorating the Honorable Phan Thanh Giản

(a Rather Unusual Victim of the Communist Government of Vietnam)

 

Phan Thanh Giản (1796-1867) was one of the Nguyễn court’s foremost mandarins in the 19th century, a scholar who dedicated his lifetime efforts to preserve the best interests of the Vietnamese people during the conflict with the French army. In 1867, he chose to relinquish his own life in order to spare the common people from the calamities of war.  His is the life of a noble man who symbolizes the indomitable spirit of the South.  Nevertheless, more than a century after his death, his name and reputation were brutally smeared and attacked by the communist regime.  As they took control of the entire country following the fall of South Vietnam in 1975, the new regime tried to rewrite history by wrongfully condemn him as a traitor and as a coward.

Born in Ben Tre, South Vietnam, Phan Thanh Giản was the first and only man from the South who was bestowed the top scholar degree under the Nguyen dynasty. In 1863, he was sent by the king on an embassy mission to France and Spain to negotiate the return of the territories given to the French in a concession of the previous year treaty.Though the mission did not succeed, the trip to Europe opened his eyes to the technological advancements of the West. Upon his return, Phan Thanh Giản advocated the need for his people to wake up and renovate, but to no avail. The Nguyen dynasty continued with their “Closed Door-Locked Port” isolationist foreign policy that had weakened the country.

Consequently, when the French troops under the command of De La Grandiere attacked the citadel of Vinh Long in 1867 with full force, as governor of the three remaining Southern provinces, Phan Thanh Giản recognized that his army stood no chance against an overwhelmingly strong and better-armed enemy force.  He chose to surrender after securing the commitment from the French that they would conduct no atrocities against his people. Staying truthful to his saying “French tricolor flag never flies over the citadels where Phan Thanh Giản lives”, he subsequently committed suicide by taking poison on August 4, 1867.

What on earth prompted the communist regime to execute a national hero who had died a hundred years before?  Why did two of Ho Chi Minh‘s cadres kept hammering on his statue until the head broke off while many Vietnamese of the previous regime was forced to witness the condemning act? 

The answers to those questions are rooted in a plan originated in Hanoi many, many years before it was carried out.  Back in the early sixties, led by Tran Huy Lieu, a principal of the communist History Institute, the propaganda campaign, modeled after the tactics used by Mao Tse Tung, was aimed to incite the mass to commit suicidal acts by making up fake stories of war heroes. Phan Thanh Giản was singled out in the attempt to smear those who yield to the might of the French in the late 1800’s, and of the US in 1960’s. It also was meant to keep down those from the South who in 1954 chose to migrate to the North to join the Northern troop, as allowed by the Geneva accord signed that same year that divided the country.

Nevertheless, Phan Thanh Giản was and still is revered by the people of Vietnam; notably in the South, many citadels, schools, hospitals, streets, bridges and other structures still bear his name.  His life has been celebrated in many literary works by his contemporaries, as well as by writers of late.

As the war ended in 1975, in fear of Phan Thanh Gian’s influence over the population, the central government in Hanoi rushed a team to the South to destroy his honor and eradicate any traces of his relics. Schools and streets bearing his name were replaced with the so-called communist heroes’ names. They launched a media campaign to accuse him of selling out Vietnamese territories to the French in the mid-1800’s, desecrated his tomb, and even demanded his body to be exhumed and discarded into the river.

The Vietnamese people were dismayed when the conquering regime decided to smear and destroy the legacy of a national historic hero.  Populous oppositions arose, forcing the communist government to finally, though reluctantly, restore some of his relics. And to this day, they stubbornly refuse to acknowledge their criminal act in trying to deface his reputation and legacy of a genuine Vietnamese hero.

Trinh Phố (01/01/2017)

 

            In memoriam Docteur Phan Thanh Giản

 (une victime très particulière de l’acharnement du Parti Communiste vietnamien)

Le Docteur Phan Thanh Giản (1796-1867) fut un grand personnage. Mandarin de haut rang sous le règne des Nguyễn du 19ème siècle, lettré renommé, militaire fin stratège, toute sa vie a été vouée au service de son pays et de son peuple. En 1867, il a choisi la mort pour épargner à la population de sa ville les affres de la guerre [avec la France]. Il était le symbole de la vaillance du peuple du Sud-Vietnam. Et pourtant, un siècle plus tard, en 1975, il fut victime des autorités communistes vietnamiennes, nouveaux maîtres du Sud-Vietnam. Il a été exécuté dans la cour même de l’école portant son nom, à Cần Thơ, pour crime de trahison envers son pays, et de couardise face à l’ennemi, pour s’être suicidé par le poison. Deux soldats de l’armée de Hồ Chí Minh – celui-même qui fut, un temps, agent notoire du Komintern – ont à coups de marteaux, fait tomber la tête de la statue du Docteur Phan Thanh Giản, et l’ont fait rouler par terre, devant les yeux d’une foule de fonctionnaires et de militaires de l’ancien régime de la République du Vietnam vaincu, rassemblée là, exprès.

La raison de cet acharnement contre ce premier lettré originaire du Sud, aimé de tous pour sa bonté, c’est qu’il était un modèle pour tous, d’une grande renommée pour tout un peuple. Dès le lendemain de la défaite du Sud-Vietnam, à la fin du mois d’avril 1975, une délégation composée d’agents du Nord-Vietnam fut envoyée au Sud, dans le but d’effacer toute trace de l’existence du Docteur Phan Thanh Giản, de ses vestiges physiques comme de sa popularité. Son nom a été enlevé des rues, des monuments, des écoles, remplacé par des noms de héros communistes [vietnamiens]. Les media et journaux se déchaînaient, le dénonçant comme traître, comme celui « qui a vendu la citadelle et offert la terre aux ennemis » [la France]. Sa tombe fut laissée à l’abandon, son entretien interdit, les visites et les célébrations proscrites. D’autres même, plus radicaux, préconisaient de détruire sa tombe, et de jeter ses restes aux poissons.

En réalité, le procès du Docteur Phan Thanh Giản, « celui qui a vendu la citadelle, offert la terre aux ennemis » était préparé de longue date à Hanoi, dès les années 1962-1963. Le premier coupable a été Trần Huy Liệu, le pilier du service de l’Institut d’Histoire [du Vietnam communiste], le créateur du mythe de l’invraisemblable héros Lê Văn Tám ! [En 1945, Lê Văn Tám, d’après le mythe – s’est imbibé d’essence, a mis le feu et, tel une torche vivante, a parcouru plus de 100 mètres pour aller faire sauter l’arsenal du port de Saïgon ! Et, bien que Trần Huy Liệu lui-même, avant sa mort, ait avoué qu’il avait complètement inventé cette histoire,  le nom de Lê Văn Tám continue à illustrer encore de nos jours des rues et des squares dans Saïgon « Ho Chi Minh ville ».

En 1962-1963, le Parti communiste du Vietnam du Nord, disciple fidèle de la tactique de la marée humaine de Mao Zédong, menait la guerre totale contre le Sud. Sur tous les fronts, même ceux de la littérature, de l’histoire, ou de l’art… Tout devait viser le même but : la politique et la propagande… Tout, y compris le sacrifice suprême de soi. C’était la guerre totale, sus à l’ennemi, une marée humaine, la victoire ou la mort. De Trần Đông Phong, l’analyste littéraire, jusqu’à Trần Huy Liệu, il faut « casser l’image du héros national Phan Thanh Giản », pour empêcher toute velléité de renoncement au combat devant la puissance de l’ennemi ; pour que les Vietnamiens de 1963 qui l’envisageraient ne capitulent pas devant les Etats-Unis comme Phan Thanh Giản l’avait fait devant la France en 1867 !

En effet, le Parti Communiste Vietnamien du Nord-Vietnam, dans son projet d’envahir le Sud voulaient ainsi donner un avertissement aux ralliés sudistes contre toute velléité de renoncement. Après la partition prétendument provisoire des accords de Genève en 1954 [en attendant une hypothétique élection pour la réunification du Vietnam], ces ralliés avaient rejoint le Nord en bateau pour le regroupement des forces militaires.

Le Docteur Phan avait servi le pays depuis le Centre Vietnam jusqu’à la pointe de Ca Mau. Il avait aussi participé à plusieurs missions diplomatiques, à des pourparlers et à des visites protocolaires dans divers pays étrangers. Il avait donc une vision et une vaste connaissance du monde. Il avait reçu de l’Empereur les honneurs et les récompenses les plus distingués. Malgré des hauts et des bas dans sa carrière, il avait toujours servi son pays et son Empereur avec fidélité et honnêteté. Sa mort a été pleurée, chantée, regrettée. Dans certains coins du pays on l’avait même déifié. Des rues, des écoles, des hôpitaux, des ponts, des marchés, des monuments publics portaient son nom. Sa statue s’élevait non seulement devant des écoles, mais aussi devant des édifices religieux.

Il fut le premier et l’unique Docteur Sudiste de la dynastie des Nguyễn. Il était né dans la province de Vĩnh Long (actuelle Bến Tre), au village de Bảo Thạnh (actuel canton de Ba Tri). C’était au temps où les Français cherchaient à développer leur marché, à conquérir des colonies à la recherche des matières premières et de main-d’œuvre, pour s’enrichir après la révolution industrielle. En 1863, l’Empereur envoya le Docteur Phan en mission diplomatique en Europe, à Paris et à Madrid pour négocier la restitution des trois provinces de la partie orientale du Sud, perdues après le traité de paix de 1862. Les négociations échouèrent. Mais ayant visité l’Europe, Phan Thanh Giản avait constaté les bénéfices du progrès et de la science. De retour au pays, il a appelé au réveil national, mais « que des complaintes, point d’écoute ».

Son dernier poste fut Gouverneur de Vĩnh Long, gardien des trois provinces occidentales du Sud. La deuxièmemoitié du 19ème a vu le déclin de la dynastie des Nguyễn, avec la politique de « fermeture des ports et des frontières ». En 1867, l’armée française, sous le commandement de l’amiral de La Grandière, déploie toutes ses forces devant la citadelle de Vĩnh Long. Voyant la faiblesse de son armée face aux Français [en équipements et en armement], Phan Thanh Giản capitule en demandant aux forces françaises d’épargner la population. La citadelle livrée à l’ennemi, il reconnaît sa faute envers l’Empereur, renvoie son titre et ses sceaux, conseille à ses descendants de ne pas collaborer avec les Français, avale du poison et meurt le 4 août 1867.

Après la communisation de tout le Vietnam, le 30 avril 1975, les Sud-Vietnamiens furent stupéfaits d’apprendre que leur héros, le Docteur Phan Thanh Giản, qui s’était sacrifié lors de la perte de sa ville, un siècle auparavant, était condamné une fois encore, par les nouvelles autorités. Or Phan Thanh Giản, avant sa mort, avait promis que tant qu’il vivrait, le drapeau tricolore français ne flotterait pas sur sa ville. Donc, il ne pouvait être accusé d’avoir « vendu la citadelle et offert la terre aux ennemis ».

En 2008, pour survivre, le Parti Communiste Vietnamien a été obligé de changer sa ligne politique. Ce fut le Đời Mới ou Đổi Mới [détournement par les Sud-Vietnamiens, grâce à la différence des accents entre Đời et Đổi, de la formule officielle Đời Mới, « nouvelle vie » en Đổi Mới « changements »]. L’Institut d’Histoire [du Vietnam Communiste] a plus ou moins corrigé quelques inepties à propos de Phan Thanh Giản. Mais les autorités n’ont pas encore reconnu leurs méfaits, n’ont pas encore rétabli l’honneur de Phan Thanh Giản, ni surtout présenté des excuses pour toutes leurs interprétations calomnieuses sur l’Histoire contemporaine, en particulier envers ce grand personnage historique.

Phan Văn Song (01/01/2017)